
Bamako – Un rapport publié par le groupe de recherche d’investigation The Sentry révèle que « les opérations des mercenaires russes en Mali ont suscité du mécontentement au sein de l’armée et du gouvernement du pays, et ont entraîné des failles sécuritaires ».
Le rapport, publié ce mercredi sous le titre « L’effondrement des mercenaires… L’échec du groupe Wagner au Mali », cite des soldats maliens affirmant que les combattants de Wagner « opéraient souvent en dehors de la chaîne de commandement », utilisant l’équipement de l’armée et menant des opérations de sécurité « sans autorisation ni notification préalable ».
Ce rapport de 55 pages, basé sur des entretiens avec des responsables de l’armée et des services de renseignement maliens, ainsi qu’avec les ministères des Finances et des Mines, précise que Wagner « a également créé des problèmes pour l’armée et le gouvernement qui étaient mobilisés pour les soutenir ».
Il indique que les missions confiées à Wagner ont parfois conduit à « la perte d’équipements, de véhicules ou de personnel », et qu’« à d’autres occasions, les soldats maliens se sont retrouvés soudainement privés de moyens de combat lors d’attaques menées par des rebelles ».
Selon le rapport, les militaires maliens « expriment leur ressentiment envers les mercenaires russes qui bénéficient d’un traitement préférentiel, comme des évacuations médicales, généralement limitées en raison de la rareté du carburant ».
L’agence Reuters, citant les enquêteurs de The Sentry, rapporte que les récentes arrestations survenues au Mali à la suite d’une tentative de coup d’État « sont intervenues après une réunion entre deux généraux et plusieurs colonels pour discuter des griefs, notamment la présence persistante des Russes qui semblent occuper des postes de commandement dans les bases militaires où ils sont déployés ».
Le groupe russe Wagner a commencé ses opérations au Mali après que la junte militaire, arrivée au pouvoir à la suite des coups d’État de 2020 et 2021, a expulsé les forces françaises et celles des Nations unies.
Wagner a annoncé son retrait du Mali en juin dernier, mais le Corps africain, une force militaire sous contrôle du Kremlin, a confirmé son maintien dans le pays.
Ce corps, déployé dans plusieurs pays africains, est composé à environ 70 à 80 % d’anciens éléments du groupe Wagner.
Des organisations de défense des droits humains, dont Human Rights Watch, basée à New York, ont à plusieurs reprises accusé le groupe Wagner de commettre des « atrocités contre les civils » au Mali.
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