Le 30 mai 1958, plus de 300 chefs coutumiers, notables, commerçants et représentants des différentes communautés de Tombouctou, Gao, Goundam et de la Boucle du Niger adressèrent une lettre ouverte au président français, le général Charles de Gaulle. Dans ce document, ils demandaient que leur territoire ne soit pas rattaché au Soudan français (actuel Mali) au moment des réformes institutionnelles précédant les indépendances.
Les signataires affirmaient que les populations sahariennes formaient un ensemble historique, culturel et administratif distinct. Ils soutenaient que Tombouctou et les régions voisines avaient toujours entretenu des liens particuliers avec le Sahara et demandaient que ces réalités soient prises en compte dans la réorganisation des territoires de l’Afrique française.
Dans leur lettre, ils rejetaient explicitement l’idée d’être intégrés au Soudan français et sollicitaient leur rattachement au Sahara français ou, à défaut, une réorganisation administrative leur garantissant un statut particulier. Ils considéraient que les frontières administratives tracées durant la période coloniale ne reflétaient ni les réalités historiques, ni les intérêts des populations locales.
Cette requête ne reçut toutefois pas de réponse favorable de la France. À l’indépendance du Mali en 1960, l’Azawad fut intégré au nouvel État malien, malgré les revendications exprimées dans cette lettre. Trois ans plus tard, en 1963, éclata la première rébellion armée en Azawad. Elle fut suivie par d’autres soulèvements en 1990, 2006, 2009 et 2012, tandis que le conflit se poursuit encore aujourd’hui.
La lettre ouverte du 30 mai 1958 demeure ainsi un document historique majeur. Signée par plus de 300 représentants des différentes communautés de l’Azawad, elle témoigne des revendications formulées avant les indépendances et occupe une place importante dans l’histoire politique de la région.
