Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) affirme avoir tué 17 membres de la milice « dozos » et saisi 18 fusils de chasse, ainsi que d’autres équipements, lors d’une attaque menée contre une base de la milice dans le village de Souley, dans la région de Ségou, mardi 1er septembre 2026.
Le groupe a également annoncé, dans la soirée du mercredi 2 septembre 2026, avoir pris le contrôle total d’une autre position de la milice « Donso » dans la zone de Timba, dans la région de Mopti, dans ce qui constitue une nouvelle illustration de l’intensification de la pression militaire exercée par le JNIM sur les milices locales alliées à l’armée malienne dans le centre du pays.
Dans le même contexte, des sources liées au JNIM ont indiqué que plusieurs villages de la région de Bandiagara s’étaient rendus au groupe le 1er septembre, après avoir été associés aux milices « Dan Na Ambassagou », alliées à l’armée malienne.
Selon ces mêmes sources, ces villages auraient remis des dizaines d’armes au JNIM en échange d’engagements du groupe à assurer la protection et la sécurité des populations. Les habitants auraient également accepté de ne pas rejoindre les milices ni de coopérer avec l’armée malienne et l’Africa Corps, tout en acceptant ce que le groupe qualifie de « gouvernance islamique ».
Ces développements interviennent dans un contexte d’intensification de l’activité du JNIM dans le centre du Mali, notamment dans les régions du Macina et du pays dogon, où le groupe cherche à étendre son influence en combinant opérations militaires et accords locaux avec les populations et les villages.
Au cours de la période récente, plusieurs villages du pays dogon et du Macina ont connu des situations similaires, avec la remise d’armes au JNIM et la conclusion d’ententes locales avec le groupe. Ces arrangements lui permettent de réduire la présence de certains de ses adversaires locaux et de les empêcher de soutenir les forces gouvernementales.
De Souley, dans la région de Ségou, à Ningari, dans la région de Bandiagara, le groupe exerce une pression croissante sur les milices locales dans le centre du Mali. Selon des sources locales, cette situation pousse certains habitants à quitter les zones rurales pour rejoindre les villes secondaires ou à conclure des accords avec le groupe jihadiste.
Ces développements témoignent d’un élargissement de la compétition pour le contrôle et l’influence dans le centre du Mali. La confrontation ne se limite désormais plus aux attaques contre les positions militaires, mais concerne également le contrôle des villages, des populations et des milices locales, alors que l’État malien fait face à des difficultés croissantes pour maintenir sa présence sécuritaire dans de vastes zones de la région.
Le ministre malien de la Réconciliation, Ismaël Wagué, avait auparavant critiqué les accords conclus par le JNIM avec les populations locales, appelant les habitants à compter sur l’État pour assurer leur protection et estimant que ces arrangements affaiblissaient la présence et l’image de l’État.
Ainsi, les derniers développements à Ségou, Mopti et Bandiagara indiquent que le JNIM cherche à tirer parti de la pression militaire exercée sur les milices alliées à l’armée malienne afin de renforcer son influence dans les zones rurales, en combinant opérations armées d’une part, et ralliement de villages et accords locaux d’autre part.
