Le Collectif pour la Défense des Droits du Peuple de l’Azawad (CD-DPA) a publié, ce 3 août 2026, un communiqué dans lequel il met en garde contre une escalade alarmante des attaques visant les populations civiles au cours des dix derniers jours en Azawad. L’organisation appelle le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH), Amnesty International et Human Rights Watch à intervenir d’urgence afin de documenter les violations signalées et d’ouvrir une enquête indépendante.
Selon le communiqué, les équipes de documentation du CD-DPA ont recensé une série d’opérations militaires et de frappes aériennes s’étendant de Douentza jusqu’à Tinzawatene. Le Collectif accuse les Forces armées maliennes (FAMa) et les forces russes de l’Africa Corps d’avoir mené des attaques contre des villages, des infrastructures civiles, des établissements de santé ainsi que des sites accueillant des civils et des personnes déplacées.
D’après le document, le 25 juillet 2026, un convoi militaire venu de Sévaré a incendié les villages de Kiri et Mebougou, dans la zone de Wami (Douentza), détruisant des dizaines d’habitations et laissant de nombreuses familles sans abri. Le 26 juillet, trois civils auraient été exécutés lors du passage de ce même convoi à Wami, tandis qu’un véhicule civil a également été incendié.
Le CD-DPA affirme qu’entre les 28 et 29 juillet, des drones de type Shahed ont frappé la localité de Talahandak, détruisant entièrement le centre de santé communautaire, son dépôt de produits pharmaceutiques, les équipements médicaux ainsi que plusieurs commerces. Le Collectif fait état de quatre civils tués et de six blessés, parmi lesquels figureraient des ressortissants nigériens.
Le communiqué indique également que les 29 et 30 juillet, des frappes de drones ont visé le site d’Ikharabane (Tinzawatene), causant, selon le CD-DPA, la mort de sept orpailleurs civils et faisant une vingtaine de blessés de nationalités tchadienne et nigérienne.
Le Collectif rapporte en outre que le 31 juillet, quatre civils auraient été tués à Doro et Tinassamed. Le 1er août, deux autres civils auraient été abattus à Issayagna et Amasrakad (Gourma), tandis que de nouvelles frappes détruisaient trois boutiques de commerce à Talahandak.
Le 2 août, le CD-DPA affirme qu’un avion de combat Soukhoï-24 a bombardé le site d’orpaillage artisanal d’Agharghar, près de Tessalit, détruisant les moyens de subsistance des populations locales et des personnes déplacées. Dans la nuit du 2 au 3 août, une nouvelle frappe aérienne aurait visé l’infrastructure sanitaire d’Ikharabane (Tinzawatene), détruisant le bâtiment et mettant hors service les équipements médicaux destinés aux populations réfugiées près de la frontière.
Dans son communiqué, le CD-DPA estime que le bombardement des infrastructures sanitaires, l’incendie des villages, la destruction des points d’eau, des commerces et des sites d’activité civile « ne répondent à aucun impératif militaire ». L’organisation considère que ces actes relèvent d’une stratégie de punition collective et d’asphyxie humanitaire visant à rendre ces régions inhabitables, et affirme qu’ils constituent de graves violations des Conventions de Genève, susceptibles de relever de crimes de guerre.
En conclusion, le Collectif pour la Défense des Droits du Peuple de l’Azawad (CD-DPA) exige l’arrêt immédiat et sans condition de toutes les opérations terrestres et aériennes dirigées contre les civils et les infrastructures d’utilité publique. Il appelle également les Nations Unies ainsi que les organisations internationales de défense des droits humains à rompre le silence, à dépêcher des missions indépendantes et à enquêter sur les faits rapportés dans son communiqué.
