La société turque SADAT est arrivée au Mali sous couvert d’organisations humanitaires et des écoles de la Fondation Maarif, lesquelles ont été reprises à leur ancien fondateur, l’opposant turc Fethullah Gülen, que les autorités turques accusent de terrorisme.
Après une période relativement discrète suivant son implantation, SADAT aurait commencé à assurer plusieurs missions stratégiques au sein de l’État malien. Parmi celles-ci figureraient la protection du président de la transition, Assimi Goïta, la sécurisation de certains sites stratégiques, ainsi que la protection des communications entre les services de renseignement.
Selon diverses sources, l’entreprise participerait également à l’analyse du renseignement, à des opérations d’écoute et de surveillance visant certaines missions diplomatiques à Bamako, ainsi qu’à la localisation des émissions radio utilisées par les groupes armés que les autorités maliennes qualifient de terroristes.
SADAT aurait également pris part à la formation des forces spéciales antiterroristes maliennes (FORSAT).
Toujours selon ces informations, ses activités seraient volontairement maintenues dans la discrétion afin d’échapper à l’attention de la presse internationale et des services de renseignement étrangers présents au Mali. Cette discrétion permettrait également d’éviter que la Turquie soit perçue comme une partie directement engagée dans le conflit malien aux côtés des mercenaires russes, alors même qu’Ankara est membre de l’OTAN, dont plusieurs États considèrent le groupe Wagner comme une organisation terroriste.
Des sources présentées comme indépendantes au sein de certains milieux du renseignement diplomatique à Bamako affirment par ailleurs que l’attaché militaire ainsi que le deuxième secrétaire de l’ambassade de France au Mali auraient été parmi les victimes indirectes des opérations et orientations fournies par SADAT, une structure qui serait pilotée par les services de renseignement turcs.
Note :
Les écoles Maarif sont des établissements d’enseignement internationaux relevant de la Fondation turque Maarif (Türkiye Maarif Vakfı), une institution publique créée en 2016 par le Parlement turc. Présentes dans des dizaines de pays, elles ont officiellement pour mission de fournir un enseignement de qualité et de promouvoir la culture turque.
Toutefois, certains observateurs et détracteurs les accusent de servir de couverture à des activités de renseignement liées aux services de sécurité turcs.
