Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) a annoncé que ses combattants avaient réussi, dans la soirée du samedi 19 septembre 2026, à prendre pour cible, à l’aide de tirs de mortier, une patrouille de l’Africa Corps russe, à l’est de la ville de Djabli, dans la région de Ségou, au centre du Mali.
Le groupe affirme que l’attaque s’est produite alors que la patrouille menait des opérations dans la zone, affirmant que les éléments de l’Africa Corps avaient été contraints de fuir, abandonnant derrière eux trois véhicules, dont un blindé, ainsi qu’une quantité de munitions, d’équipements et d’effets personnels.
Les images et vidéos diffusées depuis le lieu de l’incident montrent un blindé de fabrication russe de type GAZ-2330, ainsi qu’un drapeau portant l’emblème de Wagner et plusieurs munitions, équipements et effets personnels. Ces images constituent des éléments visuels indiquant la présence d’équipements appartenant à la force sur le site, mais les détails de l’affrontement ainsi que l’ampleur des pertes humaines nécessitent encore une vérification indépendante.
L’attaque de Djabli intervient dans le contexte d’une vaste vague d’attaques qui touche le Mali depuis le début du mois de septembre et qui vise les Forces armées maliennes (FAMa) ainsi que l’Africa Corps dans plusieurs régions du pays.
Dioura : le point de bascule
Cette vague d’attaques a commencé par une offensive majeure contre le camp de Dioura, dans la région de Mopti, le 10 septembre. Le JNIM a revendiqué l’attaque, affirmant avoir tué 150 militaires maliens et capturé 93 autres.
Des sources sécuritaires et locales ont ensuite fait état d’un bilan dépassant les 100 morts. Reuters, citant des sources, a évoqué entre 120 et 130 soldats tués, ainsi que plus de 100 personnes détenues. L’AFP a également rapporté la mort d’au moins 100 militaires maliens et de cinq éléments russes de l’Africa Corps, selon des sources militaires, sécuritaires et locales.
De Dioura à Sévaré et Konna
Après l’attaque de Dioura, les opérations se sont étendues à d’autres zones du centre du Mali. Le 14 septembre, des positions à Konna et Sévaré ont notamment été visées, y compris la zone militaire et l’aéroport qui abrite des avions et des drones utilisés par l’armée malienne.
Le groupe a revendiqué ces attaques, tandis que des sources médiatiques ont fait état de pertes dans les rangs des forces gouvernementales et russes. La zone de Sévaré a également été soumise à plusieurs nuits consécutives de bombardements, alors que la base constitue un important centre des opérations aériennes maliennes et russes.
L’approche de Bamako
Les 18 et 19 septembre, la zone des attaques s’est rapprochée de la capitale Bamako, avec des positions sécuritaires visées à Kasséla et dans d’autres secteurs, parallèlement à des attaques à Bla et Noumouna, dans la région de Ségou.
Les autorités locales de Bla ont annoncé l’annulation des célébrations prévues à l’occasion de la fête de l’indépendance du Mali en raison de la dégradation de la situation sécuritaire, tandis que des rapports sécuritaires indiquaient que les attaques exerçaient désormais une pression sur les axes et les positions situés dans les environs de la capitale.
L’embuscade de Molodo et l’abandon de véhicules de l’Africa Corps
Le 20 septembre, une patrouille conjointe comprenant des éléments de l’armée malienne et de l’Africa Corps est tombée dans une embuscade sur l’axe reliant Diabali à Niono, dans la région de Ségou.
Des sources locales ont rapporté le retrait des éléments russes, qui auraient abandonné plusieurs véhicules sur le lieu de l’embuscade. Les images diffusées montrent des véhicules portant l’emblème de l’Africa Corps ainsi que du matériel militaire abandonné sur place.
Le JNIM a également revendiqué l’attaque, affirmant qu’elle avait entraîné la fuite des éléments de l’Africa Corps et l’abandon de trois véhicules, dont le blindé visible sur les images.
Ces développements témoignent de la poursuite de la pression exercée sur les forces maliennes et leurs alliés russes dans le centre du Mali, où les bases, les patrouilles et les axes d’approvisionnement font l’objet d’attaques répétées, tandis que certaines opérations se rapprochent désormais de la capitale.
Septembre, un mois d’escalade
L’attaque de Djabli s’inscrit ainsi dans une série d’opérations qui a commencé avec l’attaque de Dioura le 10 septembre, avant de s’étendre à Konna et Sévaré, puis à des attaques et embuscades dans les régions de Ségou, Koulikoro et aux alentours de Bamako.
Plusieurs sources médiatiques ont décrit ces dernières attaques comme une reprise importante des opérations du JNIM dans le centre du Mali, alors que les forces gouvernementales et les forces russes font face à une pression simultanée sur plusieurs axes.

