Le nord du Bénin a été le théâtre, dans l’après-midi du mercredi 4 mars 2026, d’une attaque armée visant une position militaire de l’armée béninoise dans le village de Kofouno, relevant du département de Karimama, près de la frontière avec le Burkina Faso.
Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) a revendiqué l’opération, affirmant avoir réussi à prendre le contrôle de la caserne militaire après de violents affrontements avec les forces gouvernementales.
Selon ce qu’ont annoncé des sources locales et sécuritaires, l’attaque a entraîné la mort de 22 soldats de l’armée béninoise selon un bilan provisoire, en plus de l’incendie d’équipements militaires à l’intérieur de la position. Les combattants du groupe auraient également saisi des armes et du matériel militaire après avoir pris le contrôle de la base, avant de se retirer de la zone.
Intensification des attaques dans le nord du Bénin
Cette attaque intervient dans un contexte de montée des menaces sécuritaires dans le nord du Bénin, où les zones frontalières avec le Burkina Faso et le Niger connaissent une activité croissante de groupes armés liés à Al-Qaïda et à l’organisation État islamique. Ces groupes profitent de la difficulté du terrain frontalier et de la facilité de circulation pour mener des attaques éclairs contre les positions de l’armée et des forces de sécurité.
Des observateurs estiment que l’attaque contre la caserne de Kofouno constitue l’une des plus violentes attaques visant l’armée béninoise ces derniers temps, et reflète la tentative des groupes armés d’étendre leurs opérations vers le sud, après des années de concentration au Mali, au Burkina Faso et au Niger.
Deuxième attaque après la nomination d’un nouvel émir du groupe au Bénin
L’opération revêt également une importance particulière puisqu’il s’agit du deuxième grand assaut annoncé par le groupe au Bénin depuis la nomination du “Cheikh Albani” comme émir dans le pays.
Le groupe avait revendiqué, le 17 février 2026, une embuscade contre une patrouille de l’armée béninoise entre Gonji et Gassasi, près de la frontière avec le Burkina Faso. Selon son communiqué, l’attaque avait entraîné la mort de deux soldats, la destruction d’un véhicule blindé et la saisie d’armes automatiques.
Des observateurs estiment que la nomination d’une direction locale pour le groupe au Bénin pourrait indiquer une tentative organisationnelle de renforcer sa présence dans le pays et d’intensifier ses opérations contre les forces gouvernementales dans les zones frontalières.
Polémique autour de supposées « ententes » avec le Bénin
Saad, ancien dirigeant du JNIM qui a récemment annoncé sa défection et son ralliement à l’organisation État islamique au Sahel, a affirmé dans un enregistrement audio publié la semaine dernière que le groupe avait conclu un accord avec les autorités béninoises.
Cependant, les attaques récentes, en plus d’autres attaques précédentes, sont considérées par de nombreux observateurs comme une réfutation pratique de ces allégations, aucun indice ne montrant l’existence d’un tel accord.
Certains analystes estiment que les déclarations de Saad pourraient constituer une tentative de justifier sa défection du groupe, plutôt que de fournir des informations confirmées.
Un défi sécuritaire croissant
La nouvelle attaque confirme que le Bénin, qui était auparavant considéré comme relativement éloigné du conflit au Sahel, est désormais confronté à un défi sécuritaire croissant, avec l’extension de l’activité des groupes armés vers les pays du golfe de Guinée.
Cette évolution place les autorités béninoises devant un test difficile pour renforcer la sécurité de leurs frontières nord et empêcher l’expansion des groupes armés à l’intérieur du territoire national.
