Plus de 10 soldats de l’armée malienne et des éléments de l’Africa Corps russe ont été tués dans une embuscade revendiquée par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) près de la ville de Nampala, dans la région de Ségou, au centre du Mali, selon des sources locales.
Des sources locales ont indiqué que l’attaque s’est produite le 9 mars 2026 près du village de Louguel, au sud-ouest de Nampala, sur la route menant à la frontière mauritanienne, lorsque les combattants du groupe ont pris pour cible un convoi militaire de l’armée malienne accompagné d’éléments de l’Africa Corps russe.
Bien que le groupe ayant revendiqué l’opération n’ait pas annoncé de bilan précis, des sources locales et sécuritaires ont confirmé qu’environ dix soldats ont été tués dans l’attaque, dont au moins trois combattants russes de l’Africa Corps. Des sources sécuritaires maliennes ont également indiqué que le bilan pourrait atteindre 11 morts.
L’armée malienne n’a pas publié de commentaire officiel sur l’attaque jusqu’à présent et n’a pas répondu aux demandes de réaction adressées par les médias internationaux.
Possibilité d’un lien avec des incidents précédents
Cette embuscade survient quelques jours après la mort de sept personnes près de la frontière mauritanienne dans la zone d’Ahl El Kory, dans le cercle de Nampala, où des sources locales ont accusé l’armée malienne et des éléments de l’Africa Corps russe d’avoir procédé à leur exécution.
Les sources locales ayant parlé aux médias indiquent que les victimes étaient des civils, tandis qu’aucune clarification officielle n’a été fournie par les autorités maliennes concernant cet incident.
Certains chercheurs estiment que l’attaque revendiquée par le JNIM pourrait être liée aux violations signalées contre des civils dans la région.
Le chercheur Heni Nsaibia, spécialiste du Sahel au sein de l’organisation ACLED, spécialisée dans le suivi des conflits, a déclaré à Radio France Internationale que l’opération pourrait être liée « aux violations subies par des civils dans la région, et peut-être aussi à la mort de certains combattants du groupe à un moment précédent ».
Le chercheur a également indiqué que la région a été le théâtre de la mort de quatre civils le 16 février dans les villages d’Ankobo et Boundou-Boundou, dans la commune de Nampala.
Des populations entre deux pressions
Ces développements reflètent la situation complexe dans laquelle vivent les régions du centre du Mali, où les communautés locales se retrouvent entre la pression des opérations militaires de l’armée malienne et de ses alliés russes, et celle des groupes armés liés à Al-Qaïda.
D’une part, des rapports de droits humains évoquent des cas d’exécutions extrajudiciaires, la destruction de sources d’eau et la mort de bétail à la suite des opérations militaires dans certaines zones, ressources essentielles dont dépendent les populations locales pour leur subsistance.
D’autre part, des groupes armés liés à la Katiba Macina, affiliée au JNIM, imposent leurs propres règles et taxes dans plusieurs villages, profitant du vide sécuritaire dans certaines zones rurales.
Les observateurs estiment que la poursuite de cette situation aggrave l’instabilité dans le centre du Mali et complique davantage la situation sécuritaire dans la région du Sahel, qui connaît depuis plusieurs années une intensification de l’activité des groupes armés.
